
Négociations entre la CNAM & Infirmiers Libéraux : un enjeu majeur pour l’avenir des soins de ville
- négociations
- cnam
- cmsi
- plfs2026
Depuis l’été 2025, des négociations importantes sont en cours entre l’Assurance Maladie (CNAM) et les syndicats représentatifs des infirmiers libéraux. L’objectif est de parvenir à un nouvel accord conventionnel – l’avenant 11 – destiné à adapter la profession aux évolutions du système de santé et à mieux reconnaître le rôle des infirmiers dans les parcours de soins.
Négociations entre la CNAM et les infirmiers libéraux : un enjeu majeur pour l’avenir des soins de ville
Depuis l’été 2025, des négociations importantes sont en cours entre l’Assurance Maladie (CNAM) et les syndicats représentatifs des infirmiers libéraux. L’objectif est de parvenir à un nouvel accord conventionnel l’avenant 11 destiné à adapter la profession aux évolutions du système de santé et à mieux reconnaître le rôle des infirmiers dans les parcours de soins.
Ces discussions, ouvertes officiellement le 7 juillet 2025, réunissent les trois organisations représentatives de la profession : la FNI, le SNIIL et Convergence Infirmière.
Le tout autour de nombreux sujets structurants : organisation des soins, nouvelles missions, modèle économique et valorisation de l’activité infirmière.
Initialement prévues pour aboutir rapidement, les négociations se poursuivent en février, les positions des différents acteurs restant encore éloignées sur plusieurs points clés.
Les principales propositions de la CNAM
Dans sa feuille de route, la CNAM souhaite adapter l’organisation de l’exercice infirmier aux transformations du système de santé et à la montée en puissance du virage ambulatoire.
Parmi les axes évoqués dans les discussions figurent notamment :
une évolution du Bilan de soins infirmiers (BSI) afin d’optimiser la prise en charge des patients chroniques
la création ou la reconnaissance de nouvelles missions infirmières, notamment dans la coordination des parcours de soins
une réflexion sur le zonage et l’organisation des remplacements dans les zones surdotées
une amélioration de la fiabilité des facturations et de l’organisation des soins non programmés.
La CNAM a également ouvert la porte à une revalorisation de la lettre clé AMI, qui sert de base au calcul de nombreux actes infirmiers. Une première hausse évoquée reste toutefois modeste (+0,15 €), accompagnée de la perspective d’un calendrier de revalorisation sur plusieurs années (dont une augmentation de +0,05 € en 2027)
Pour les représentants de la profession, ces avancées restent pour l’instant insuffisantes au regard des responsabilités assumées par les infirmiers libéraux.
Les revendications des syndicats infirmiers
Les syndicats réclament avant tout une revalorisation réelle et durable de la profession.
Ils rappellent que de nombreux actes infirmiers n’ont pas été significativement revalorisés depuis plusieurs années, alors même que le rôle des infirmiers dans le système de santé ne cesse de s’élargir.
Parmi leurs principales revendications figurent :
une augmentation significative de la lettre clé AMI, afin de revaloriser l’ensemble des actes infirmiers
la création de consultations infirmières reconnues et valorisées
une meilleure reconnaissance du rôle des infirmiers dans la prévention, la coordination et le suivi des patients
un financement à la hauteur des nouvelles missions confiées à la profession.
Certains syndicats ont également exprimé leurs inquiétudes face au manque d’avancées concrètes dans les discussions, estimant que les propositions actuelles restent encore éloignées des attentes de la profession.
Pourquoi ces négociations sont importantes pour les CMSI
Au-delà de la profession infirmière, ces discussions concernent directement les CMSI et leur modèle de fonctionnement.
Tout d’abord, tous les actes infirmiers sont indexés sur la lettre clé AMI(X). Une revalorisation de cette base tarifaire aurait donc un impact direct sur la valorisation des actes réalisés dans les centres. Cela se traduirait à la fois par une meilleure reconnaissance du travail infirmier et par une augmentation des revenus liés à ces actes pour les centres.
Mais l’enjeu dépasse largement la question tarifaire.
Les évolutions en cours autour de la profession infirmière, notamment la réforme portée par la loi infirmière et les travaux autour de l’avenant 11 confirment une tendance de fond : le rôle des infirmiers devient central dans l’organisation des soins de ville et dans les politiques de santé publique.
Coordination des parcours, suivi des patients chroniques, prévention, soins non programmés : autant de domaines dans lesquels les infirmiers occupent déjà une place stratégique.
Un modèle CMSI encore plus pertinent
Dans ce contexte, le modèle CMSI apparaît particulièrement aligné avec l’évolution du système de santé.
Depuis l’origine, les centres reposent sur une organisation pluriprofessionnelle, où médecins et infirmiers travaillent ensemble pour répondre rapidement aux besoins des patients. Cette complémentarité correspond précisément aux orientations actuelles des politiques de santé, qui visent à renforcer la coordination entre professionnels.
Si les négociations conventionnelles aboutissent à une meilleure reconnaissance des missions infirmières et à une valorisation des actes, cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles avancées dans les prises en charge proposées par les CMSI.
À moyen terme, ces évolutions pourraient également renforcer la place des centres dans l’organisation territoriale de l’offre de soins et dans les parcours patients.
Autrement dit : plus le rôle des infirmiers est reconnu et structuré, plus le modèle CMSI gagne en pertinence.